Baise-Livres
3Apr/110

J’existais en 1979

Posted by Joseph Elfassi

Dans le cadre d’un café littéraire que je co-animerai le 7 avril, j’ai lu L’Amer Atlantique, entre autres, m’éloignant pour un bref moment de ma quête des 34.

Je ne m’y attendais pas. En ouvrant L’Amer Atlantique, dont je déteste le titre et dont je méprise avec snobisme la police d’écriture (comic sans ms, imaginez), je ne m’attendais pas à lire, finalement, mon reflet. Je ne connais pas les détails techniques de la réincarnation, mais je crois que j’existais en 1979. J’habitais à Montréal, j’étais traducteur et je voulais publier un livre avec des photos. J’étais déjà un triste romantique trouvant dans la tournure des phrases le seul moyen d’exprimer mes petites douleurs confortables.

Le soir du Nouvel An, le correspondant romantique, qui est identifié uniquement par un « moi » en signature, vit une soirée de passion avec une française nommée Agnes qui le quittera le lendemain pour trouver son mari en France. Cette soirée le marque et il passera l’année à lui écrire, maudissant l’Atlantique qui les sépare, sachant très bien que c’est aussi l’Atlantique qui donne force à son mal chéri.  De plus, de manière un peu obsessive et malsaine, il prendra continuellement en photo le coin de rue témoin de leur idylle.

J’ai eu les larmes aux yeux, la chair de poule a traversé mon corps, mon cœur s’est alourdi, je me suis vu dans presque chacune des lignes écrites sous le couvert de ce « moi ». Ce n’est pas un grand écrivain, mais il a le sens de la formule et il est bien conscient que cet amour est impossible. Cet amour est impossible à cause de la distance, et me rappelle la distance dévastatrice qui me sépare de la jeune fille de Cruzy-le-Chatel, de la Parisienne, de la fille en Russie, de l’ancienne amie à Rouyn-Noranda… tant d’amours impossibles dans ma vie, tandis que des maîtresses à proximité ne m’ouvrent plus leurs portes. Combien de courriels ai-je échangés avec des filles que j’ai embrassées, que j’ai voulu embrasser, que j’ai aimées, ne serait-ce qu’une semaine, ou qu’un soir, comme le « moi » du roman l’a fait?

Évidemment, ce roman épistolaire n’est pas pour tout le monde. Le triste romantisme de « moi » peut sonner mélodramatique et kitch pour certains, mais bon, je suis dans une telle passe. J’ai renoncé à l’idée d’être cool, je suis ennuyeux et je retrouve la joie surtout dans le sourire complice des filles intéressées. Et je me suis identifié, encore, comme je le fais tout le temps, à cet homme qui continue de vivre malgré un cœur brisé à cause d’un amour impossible.

Beaudry, Jean, L’Amer Atlantique, Éditions Tryptique, 2011, 103 pages.

1Apr/111

Le Roi Camé

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Leroy K. May préfère qu'on prononce son nom d'auteur à l'anglaise. Je n'ai rien contre, malgré qu'il ait fallu reprendre au moins cinq fois la finale de l'entrevue où je prononce son nom. Une fois que l'on offre son nom au public, ce dernier est bien libre d'en faire ce qu'il veut. Alors, je prononcerai désormais Leroy K. May comme "Le Roi Camé", tel que ça me vient naturellement. Chacun peut recevoir une œuvre comme il l'entend. Une fois apposé sur la couverture du livre, le nom fait partie de la matière offerte au lecteur.

Je cesse mon bavardage pour laisser place aux paroles de Leroy K. May, qui m'a étonné par son calme étant donné la logorrhée véhémente qui caractérise la narration de sa novella.

Pour lire ma critique de Tokyo, Québec, cliquez ici, et pour vous procurer le livre, c'est ici.

29Mar/110

La minute baise-livres: le livre agréable de Joseph

Posted by Joseph Elfassi

Ce n'est pas mon livre préféré. Je réserve cette place à 1984, de George Orwell. Ceci dit la prose de Gabriel Garcia Marquez dans Cent ans de solitude est tout simplement enivrante. On peut le considérer comme un livre politique peut-être, social surement, mais pour moi, c'est le style, avant tout autre chose, qui m'a complètement charmé.

Mais bon, je préfère vous en parler de vive voix.

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27Mar/110

Houellebecq me fait penser à un baiser par -25°c.

Posted by Joseph Elfassi

Le 31 décembre, j’achète 34 livres grâce à une généreuse carte-cadeau du temps des fêtes. Je relate, dans ce blog, ma quête pour lire les 34 livres aussi rapidement que possible. Dans quel but? Qui sait? Cette semaine, Houellebecq!


Parfois, les choses s’enchaînent bien. Pendant deux semaines, j’étais amoureux d’une jolie française en visite à Montréal, que j’ai fini par embrasser, un peu par surprise, dans un petit bar anglophone sur Sherbrooke. C’était une surprise parce que la fille, gagnée par la fatigue d’un voyage rapide qui se terminait ce soir là, était au départ plutôt indifférente à mes avances romantiques. C’est lorsque je me suis affirmé un peu plus fermement que je me suis mérité un baiser.

Je raconte cette anecdote personnelle parce que c’est cette même fille, charmante, drôle, névrosée, musicienne, honnête (« franchement, Joseph, on s’en fout de savoir combien de livres t’as lu ! ») qui m’a guidé vers la lecture de Houellebecq.

Après le terrifiant livre sur la science, je me demandais ce que j’allais lire, et la fille m’a raconté, par courriel, qu’à son retour en France, elle avait fait la file une heure et demi pour que Michel Houellebecq signe sa copie de La Carte et le Territoire. Finalement, arrivée devant l’auteur, il s’est dit trop fatigué et a annulé l’exercice.

Il a peut-être gagné le Prix Goncourt en 2010, mais La Carte et le Territoire ne vaut pas, selon moi, une heure et demi d’attente. L’auteur la vaut, cette attente, certes, enfin je crois. Je n’en suis pas certain. Je suis très ambivalent concernant Houellebecq.

Un soir, tandis que je tentais de draguer une fille aucunement intéressée par mes avances, un ami avait jeté La Plateforme au bout de ses bras,  affirmant que l’auteur était « plate ». J’ai essayé de défendre le livre et l’auteur, mais j’ai réalisé que je le faisais avec peu de conviction. Au mieux, je crois, j’essayais de prouver à la fille en question qu’il fallait respecter ce qui m’appartenait. Fondamentalement, je crois qu’elle s’en foutait pas mal.

J’admets que Michel Houellebecq est un auteur doué, intelligent : dans les quatre romans que j’ai lu de lui, le contexte social semble apporter un aspect inéluctable aux histoires de ses personnages, qui sont légèrement stoïques, souvent très ennuyeux, et ne trouvent de confort que dans l’exaltation sexuelle (je m’identifie beaucoup avec des personnages ennuyeux mais obsédés sexuellement). D’ailleurs, disons que les descriptions plutôt crues de scènes sexuelles m’ont mis dans des états plutôt inappropriés dans le métro, debout à coté de dames en pleine heure de pointe…

Cependant, si Houellebecq peint un tableau impeccable, voire irréprochable, de la société dans laquelle on vit, ce n’est pas une œuvre qui m’interpelle tellement. Il m’a séduit avec son parcours inexorable des deux frères dissemblables dans Les Particules Élémentaires, et j’ai bien aimé suivre les petites décadences de Michel dans Plateforme, mais le parcours de l’artiste stoïque Jed Martin dans La Carte et Le Territoire m’a vraiment laissé froid.

Est-ce que je lirai tout Houellebecq? Oui, certainement, mais ce ne sera pas avec le même enthousiasme que celui avec lequel je dévore du Roth. Contrairement à ce que je fais lorsqu’un nouveau roman de Palahniuk est publié, je n’interromprais pas mes lectures du moment pour lire un nouveau Houellebecq. Houellebecq fait partie de mes auteurs essentiels, mais il ne me sera jamais primordial.

23Mar/110

Jouliks – Matricide, parricide et candeur

Jouliks de Marie-Christine Lê-Huu est un monstre de pièce de théâtre, une œuvre déstabilisante qui fait passer le lecteur — ou le spectateur — à travers une réelle catharsis. Ce dernier ressort de sa lecture chamboulé, remué, ému et troublé. J’ai d’abord vu la pièce lors de sa création en 2005 au Théâtre d’Aujourd’hui. Depuis mes tendres — ou pas si tendres — années du cégep, je cherche sur le net et chez les libraires une édition papier de ce texte bouleversant. Voilà que j’ai finalement trouvé. J’ai lu le texte, me demandant s’il m’émouvra autant à 23 ans qu’à 17 ans. Pour toute réponse, je vous avoue que j’avais les yeux bizarrement humides à la fin de ma lecture, ce qui ne m’est arrivé qu’une seule autre fois : lorsque je fus le témoin textuel de la mort de Porthos, qui succombe, écrasé sous un éboulis, dans le dernier tome du Vicomte de Bragelonne. — D’accord, j’avoue que j’ai pleuré un peu aussi à la fin du Miroir d’Ambre.

L’intrigue de Jouliks s’amorce avec le récit d’une petite fille de sept ans — « La Petite », qui n’est jamais nommée —  qui annonce au public une tragédie, et ce, de manière on ne peut plus ingénue :

 

« [Mes grands-parents] étaient ici pour m’annoncer un désastre, le genre que les enfants seront pas des normaux après l’avoir su, à supposer qu’avant de le savoir, ils aient été des normaux. […] Ils étaient ici pour m’annoncer la mort de mes parents, mais je la savais déjà la mort de mes parents vu que c’est moi qui l’ai faite. Faudrait quand même pas me prendre pour une criminelle, vu que c’est une histoire d’amour… »

 
Imaginez Jouliks comme la narration juvénile et candide d’une scène où culminent toutes les tensions accumulées entre quatre personnages : Véra et Zak, les parents de la Petite, qui sont follement amoureux, ainsi que La Mé et Le Papé, les grands-parents maternels. La Petite raconte comment, un beau jour, ses grands-parents, qu’elle n’avait jamais rencontrés vu leur brouille avec Véra, débarquent chez eux et décident de sortir tous les squelettes du placard, un à un, lentement.  Ils en ont bien le temps, vu qu’ils attendent Zak, qui n’est pas encore rentré d’une de ses mystérieuses escapades s’étalant sur plusieurs jours… Il s’établit alors un dialogue tendu, à bâtons rompus, entre une mère et sa fille, avec, en sourdine, le grand-père et la petite fille qui tentent de faire connaissance. La bienveillance de la conversation entre Le Papé et La Petite contraste avec la rancœur qui entache chaque phrase qu’échangent Véra et La Mé. Les sous-entendus sur l’absence de Zak, sur la déception de La Mé face à sa fille alimentent la rage de Véra et de sa mère. Zak entre finalement comme un coup de vent, en faisant fi de toutes les politesses d’usage. La digue est rompue, les fiels se déversent : ça ne sera plus beau à voir.

Ce qui s'ensuit relève un peu du lieu commun. Véra et Zak se quittent. Il part pour ne plus revenir. Elle succombe aux avances d’un de ses soupirants et cette famille déjà morcelée n’est plus que ruines… jusqu’à ce que Zak décide de revenir, qu’il offre ses excuses à Véra et que les deux amoureux aillent « se pardonner » dans la cave…

 

« C’est dans la nuit que c’est arrivé. Au beau milieu de la nuit. J’ai pensé à mon Zak, à la pluie qui lui faisait ses mauvais souvenirs. J’ai couru jusqu’au fond du jardin et puis j’ai mis le verrou sur le caveau […] Ils étaient tout morts quand ils les ont sortis. »

 

Le texte est écrit dans un style naïvement poétique, qui sied très bien à la narratrice de sept ans, mais qui impressionne tout de même le lecteur par sa justesse. Les personnages font rêver : Véra, la femme si belle et si libre et Zak, l’ancien bohémien, le voyou, le jouliks, comme on le dit dans sa langue maternelle. La narration candide de La Petite allège l’atmosphère créée par le texte, qui évite habilement l’écueil du mélodramatique. J’espère sincèrement que cette pièce sera jouée à nouveau dans un futur rapproché.

 

Jouliks, éditions Lansman, 2005, 59 p.

21Mar/112

Un livre dangereux, pour moi, c’est…

Qu'est-ce qu'un livre dangereux ? J'ai hésité entre plusieurs titres. Les liaisons dangereuses, de Laclos, pour la manière dont il expose les faces peu reluisantes de la psyché humaine et de notre tendance à la manipulation ? Madame Bovary, de Flaubert, parce qu'en le lisant, je me suis rendue compte de toute la laideur de la féminité ? Trois femmes puissantes, de Marie Ndiaye, L'amour humain, d'Andrei Makine ou la poésie de Denis Vanier ? Toutes ces oeuvres me déstabilisent, me font presque - ou carrément-  mal et remettent en question mon rapport à moi et aux autres.

Finalement, j'ai arrêté mon choix sur La famille se crée en copulant, de Jacob Wren, qu'on m'avait conseillé il y a trois ans, à la fin d'un party. Je suis vraiment contente de m'être souvenue du titre le lendemain matin !  Voilà pourquoi : YouTube Preview Image

20Mar/110

Quand je vais être grande, j’aimerais bien être Perrine Leblanc

« Un coup de dés jamais n’abolira le hasard », a affirmé le poète Mallarmé, dans un de ses plus célèbres vers. Du hasard, dans l’écriture de Perrine Leblanc, qui a publié cet automne L’homme blanc, au Quartanier, il y en a très peu. Rencontrée ce mois-ci lors d’une table ronde à l’Université Concordia où je m’étais immiscée, elle a confirmé  ce qui m’a semblé être la qualité la plus frappante de son roman : un souci impressionnant du détail, « maniaque », a-t-elle affirmé en souriant.

L’homme blanc du titre, c’est Kolia, dont on suivra la vie de 1932 à 1995. Le roman raconte son destin d’homme né au goulag, au milieu des privations physiques, et qui doit sans doute sa survie à un homme qui l’a pris sous son aile, Ioussif, disparu un jour sans laisser de trace.

De fil en aiguille, après sa sortie du goulag, il deviendra un clown auguste, très respecté : il fait rire les foules et finira par s’assurer une retraire confortable. Détrompez-vous : ce n’est pas le récit d’un American dream version bortsch, ni celle d’une ascension sociale à la Balzac. L’homme blanc est plutôt un récit de violence, d’âpreté, et celui d’une quête, puisque jamais Kolia, peu importent les aléas de sa vie, ne renoncera à retrouver Ioussif. Au travers de cette mission entrecoupée de rencontres, jamais la vie ne semblera être autre chose qu’un étourdissant manège dont on sort aussi rempli de vacuités qu’en y entrant.

Petite, Perrine Leblanc se voyait d’abord flûtiste : c’est ce goût pour la musique qui l’a sans doute menée à créer des phrases aussi justes, aux accords soufflants. De la toute relative hauteur de mes vingt-deux ans, je ne crois pas avoir rencontré très souvent une telle maîtrise de la langue, et encore moins dans un premier ouvrage publié : une cohérence excessivement impressionnante en découle. Ainsi, Perrine Leblanc a tout ce tout qu’il faut pour marcher dans la cour des grands. Après la publication de son livre, il y a eu deux mois de flottement : personne dans les médias n’en avait fait la moindre critique, ce qui l’avait à prime abord déstabilisée. Puisque, avouons-le, nous sommes tous un peu avides de reconnaissance, se googler est devenu un réflexe comme un autre. Ainsi, imaginez à quel rythme on peut le faire lorsqu’on a sorti un roman qui se perd dans les méandres médiatiques… Puis, il y a eu la consécration du Grand Prix du Livre de Montréal, dont elle a remporté le premier prix, devant, entre autres, Élise Turcotte et Marie-Claire Blais. Comme cette dernière et quelques autres très rares écrivains québécois, nous avons appris cette semaine qu’elle sera publiée dans la plus-que-prestigieuse collection Blanche de Gallimard…et on ne peut que s’incliner bien bas.

L’homme blanc, Perrine Leblanc
Collection Polygraphe, Le Quartanier, 175 pages

20Mar/110

Graal, profs d’université et révolution sexuelle

Small World compte parmi les livres les plus drôles que j’ai lus. Par moments, je m’esclaffais toute seule devant mon livre et mon copain rappliquait dans le salon : « Tout va bien, Élisabeth ? » Je n’étais pas en train de virer marteau, je lisais du David Lodge.

Small World de David Lodge met en scène Persse McGarrigle, un jeune universitaire qui débute dans le monde de la recherche littéraire et qui tente d’y faire sa place. Il doit contrecarrer ses rivaux et poser les bonnes questions lorsqu’il réussira à participer au congrès le plus prisé de l’univers de la littérature anglo-saxonne, celui où tous les universitaires désirent briller : le Modern Language Association Convention.

La parodie du Conte du graal est à peine cachée :

« ‘‘Hallo, what’s your name? […]’’
‘‘ Persse McGarrigle […] ’’
‘‘ Perce? Is that short for Percival? ’’ »

Chaque personnage tente d’accomplir sa propre quête, cherche son propre graal. Tous souhaitent triompher lors du congrès du MLA, présidé par l’illustre professeur Arthur Kingfisher. Pour les néophytes : le roi du château du graal est appelé le Roi Pêcheur et nul besoin de mentionner l’immense clin d’œil au roi Arthur. Persse, lui, poursuit la femme de ses rêves de congrès en congrès, à travers le monde.

« ‘‘ Looking for a girl, ’’ said Persse indistinctly.
‘‘ Looking for the Grail? ’’
‘‘  No I’m looking for a girl, her name is Angelica. ’’ »

L’intrigue se compose des entrelacs des quêtes de tous ces universitaires assoiffés de gloire qui n’hésitent pas à se mettre des bâtons dans les roues. Tous font figures de chevaliers errants. Une certaine Fulvia Morgana rappelle étrangement la Fée Morgane. Un auteur vogue de quiproquo en quiproquo lorsqu’il tente d’expliquer à son traducteur japonais les rouages de la langue anglaise. Ce dernier l’interroge sans cesse sur la signification de certains passages de son livre :

« ‘‘Bugger me, but I feel like some faggots tonight.’’ Does Ernie mean that he feels a sudden desire for homosexual intercourse? If so, why does he mention this to his wife? »

Ces dialogues de sourds qui font le charme du roman sont très drôles mais représentent également une allégorie de la relation du lecteur contemporain au texte médiéval. Celui-ci ne peut que comprendre la langue hors contexte, à des siècles de distance, s’il ne lit pas une traduction en langue moderne. Et encore, ne dit-on pas que traduire, c'est trahir ?

***

Bref, ce livre est burlesque, fantasque et hilarant. Plaisant à lire que l’on reconnaisse ou non les références au graal.

 

P.S.: Je tiens à remercier mon professeur Francis Gingras de nous avoir présenté ce livre en classe et à mentionner la contribution de mon coéquipier Olivier A. Savoie dans l'élaboration de l'exposé oral que nous avons conçu ensemble à ce propos. Ce cours et cet exposé ont inspiré le présent article.

 

Small World - An Academic Romance, David Lodge, éditions Penguin Books, 1984, 339 pages

16Mar/110

Un bel homme m’a révélé des choses terribles

Posted by Joseph Elfassi

Le 31 décembre, j’achète 34 livres grâce à une généreuse carte-cadeau du temps des fêtes. Je relate, dans ce blog, ma quête pour lire les 34 livres aussi rapidement que possible. Dans quel but? Qui sait? Cette semaine, l’Histoire de l’Univers (rien de moins).

Le serveur au St-Ciboire est irrésistiblement beau. C’est ce même serveur, qui travaille les lundis soirs tandis que je fais de l’impro avec LALIG, qui m’a conseillé A Short History of Nearly Everything, de Bill Bryson. Si l’homme avait été moins charmant, moins beau, moins sympathique, je n’aurais peut-être pas ajouté cette brique à mon délire consumériste qui a eu lieu il y a maintenant trois mois.

Pendant 470 pages, l’auteur nous raconte les découvertes scientifiques qui ont façonné notre compréhension du monde. Le tout est marqué par le style relativement redondant des vulgarisateurs scientifiques : il se lance parfois dans une poésie cosmique, parsème ses écrits d’humour ici et là, et s’émerveille de la capacité des humains de faire le bien et le mal simultanément.

Trois choses m’ont épaté. Tout d’abord, nous en savons si peu. La plupart des images, des dessins ou des œuvres qui traitent de systèmes solaires, de dinosaures, d’ADN ou même de la planète Terre ne sont souvent que des suppositions mi arbitraires mi logiques qui deviennent, dans l’esprit du public, la réalité scientifique. En fait, nous imaginons plus que nous ne savons.

Une des raisons pour lesquelles le savoir est si fragmentaire, en plus de la rareté des spécimens nécessaires pour établir des liens scientifiques solides, c’est que l’être humain a tendance à détruire, cacher ou voler des informations,  des conclusions ou  des échantillons qui pourraient faire avancer la science. On peut parler de rivalité entre académiciens et scientifiques, ou d’ignorance populaire, comme le montre l’exemple d’un village chinois qui avait l’habitude de détruire des fragments d’os retrouvés chez eux. Ceux-ci faisaient partie d’une rare espèce d’ancêtres d’humains qui auraient pu nous permettre de mieux comprendre l’évolution. Hélas, ces spécimens se sont presque tous transformés en variantes de bicarbonate de soude.

Lorsque nous ne détruisons pas les morts, nous avons souvent tendance à éradiquer des espèces vivantes peu répertoriées. Bref, on ne s’aide pas vraiment.

Mais l’humain n’est pas la seule cause de son ignorance. Durant la longue histoire de la Terre, des vagues successives d’âges de glace, de météorites hyperpuissantes, de volcans violents et d’autres phénomènes naturels ont détruit ou enfoui quantité d’espèces (animales, végétales ou autres) qui pourraient nous être utiles dans la compréhension de notre environnement.

En fait, les informations concernant les catastrophes naturelles m’ont carrément terrifié, déjà que je suis suffisamment paranoïaque et imaginatif: si jamais nous avons la chance d’apercevoir un météorite en direction de la planète, nous aurions ou bien une semaine avant son arrivée, temps insuffisant pour une réaction humaine, ou bien deux minutes durant lesquelles tout ce qui se trouve directement en dessous du météorite brûlerait avant même l’impact destructeur. Idem pour les volcans, souvent imprévisibles et dévastateurs à court, moyen et long terme sur un très large périmètre.

Bref, le livre, bien qu’instructif, peut être un tantinet déprimant par rapport au peu de choses que nous savons, et au si grand mal que nous nous infligeons, en général. J’ai possiblement mal choisi le moment de lire un livre qui (encore une fois) rappellerait mon insignifiance sur cette planète : je viens d’essuyer un échec lamentable en improvisation (en anglais) et une ancienne flamme m’a refusé un seul petit baiser pour me remonter le moral. Bref, il est temps de passer à une lecture qui me rappelle un autre amour impossible récemment vécu : je m’attaque à Houellebecq!

Bryson, Bill, A Short History of the Universe, Anchor Canada, 2005, 478 pages.

15Mar/110

Bernard Werber et les premiers pas

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Samedi dernier, Chloé, Joseph et moi nous sommes rassemblés pour tourner des petites capsules sur les livres qui nous passionnent, nous déstabilisent, ou qui ont constitué nos premières découvertes, celles qui ont fait de nous des lecteurs avides et passionnés.

 

Pour ma part, ce livre a été Les Thanatonautes de Bernard Werber, que j'avais volé  dans la bibliothèque de mes parents à l'âge de 12 ou 13 ans. Je n'ose pas le relire, je sens que 10 ans plus tard, ce livre risque de me sembler un peu débile. En tant que livre qui m'a accroché à lecture, la trilogie À la Croisée des Mondes de Philipp Pullman arrive ex-aequo avec Les Thanatonautes. Je dois même avouer que je la relisais encore de temps en temps au cégep...  Je vous laisse sur le trailer du film qui a été conçu à partir du premier tome d'À la Croisée de Mondes : La Boussole d'Or.

 

http://www.dailymotion.com/video/x22epa

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