Baise-Livres
21Jul/120

Ces auteurs décevants

Posted by Joseph Elfassi

La littérature est devenue pour moi une façon de vivre mes rapports: avec des livres mais avec des auteurs. Certains dont le parcours est terminé ne peuvent pas me décevoir, je pense ici à Gil Courtemanche, à Nelly Arcan...

Cependant, certains auteurs sont pris dans des contrats lucratifs qui les obligent à produire, au détriment parfois d'une écriture stylisée et lisible. Je pense ici à Chuck Palahniuk et Amélie Nothomb. Et aujourd'hui je leur parle.

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14Jul/120

Rousseau et le malaise

Il existe des personnages fictifs dont la lecture irrite autant que la rencontre avec un individu détestable. Le narrateur des Confessions de Rousseau est un parfait exemple de ces créatures de papier qui m'ont poussée hors de mes gonds. Je vous explique un peu les racines de cet amour-haine...

 

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26Jun/120

12 hommes 12 livres: Marc et Farenheit 451

Posted by Joseph Elfassi

J'ai demandé à 12 hommes de me recommander des livres importants pour eux. Mon but final est de réévaluer mon rapport avec eux et avec les hommes en général. Quelques semaines avant la mort de Ray Bradbury, je rencontre Marc, ami, avocat, qui m'avait recommandé Farenheit 451 du célèbre auteur de science-fiction.

Lorsque j'ai appris que Ray Bradbury est décédé, j’ai d'abord été surpris : j'ignorais que l'auteur, dont j'avais fini la deuxième lecture de Farenheit 451 la veille, était encore vivant. Son décès à changé mes plans initiaux pour la vidéo : moi qui comptais brûler le roman (geste discutable même en lien avec la nature du récit dans lequel des hommes brûlent tous les livres sur leur chemin dans un avenir dystopique), je décide, à la place, de distribuer ses œuvres à des quidams. Geste, d'ailleurs, qui se rapproche plus du Marc d'aujourd'hui.

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« Quand j'ai lu ce livre pour la première fois, je devais avoir seize, dix-sept ans », m'explique-t-il. Le jeune Marc est dans une librairie, découvre le livre, se met à le lire et l'achève pratiquement en une seule soirée, sur les lieux. Il l'achète et brûle les coins de la première page, comme un hommage à Bradbury.

À cet âge, Marc s'identifie avec Montag, ce pompier (le terme anglophone original est « fireman », plus approprié selon moi) qui gagne sa vie à brûler des livres sans réfléchir, pour ensuite se vouer à leur protection avec une ardeur quasi-fanatique. « Il y a une phase de ma vie, que je regrette d'ailleurs, dans laquelle j'essayais de faire souffrir les autres », explique-t-il. : Je n’ai pas connu Marc alors qu’il était dans cette période, même si je le côtoie depuis 2004. Ensuite, il a ajouté un certain aspect spirituel à son existence, et tentait de rallier un maximum de gens à son point de vue, à la manière de Montag lorsqu’il adhère à la cause des livres.

Je n'ai connu aucune de ces versions de Marc. C'est d'ailleurs plutôt lui qui m'a rencontré lors de ma phase « Montag le brûleur ». Nous avons toujours été un peu décalés dans nos personnalités : quand je l'ai rencontré, je vivais encore une sorte de post-adolescence aigrie, et si j'ai atteint une certaine maturité, je suis loin de son niveau de vie : marié, avocat, heureux.

Quand nous nous rencontrons pour parler du livre et de notre relation, je n'ai pas grand chose à dire, ou à demander : en bon pédagogue et philosophe, Marc avait déjà une suite d'idées qu'il souhaitait me partager. Mais j'étais, d'un coté, préoccupé par la grève, et de l'autre, je constatais que cette amitié n'était pas à redéfinir, à réfléchir : c'est, après une période d'instabilité, une des relations les plus confortables et enrichissantes que j’entretiens. Nous étions sur la même longueur d'ondes : la lecture est une partie importante de la vie et ce roman prédit avec justesse les dangers d'une culture populaire qui pourrait écraser le potentiel de la littérature sur la vie des gens.

Cette journée-là, Marc et moi nous sommes assis pour discuter. Mais il n'y avait aucun doute que ce simple rituel allait se répéter ad infinitum pendant le cours de nos vies respectives. Enfin, je l'espère.

16Mar/120

Baise-Livres interviewe Mathieu Bock-Coté

Posted by Joseph Elfassi

Dans le cadre de ma co-animation matinale aux Oranges Pressées à CIBL, je souhaite faire une série d'entrevues avec des auteurs d'essais portant sur la politique et la société québécoises. Mathieu Bock-Coté, chroniqueur au Journal de Montréal et chargé de cours à l'UQÀM, a récemment lancé son essai "Fin de cycle - À l'origine du malaise politique québécois". Je l'ai donc interviewé concernant certains points importants de son livre, notamment le paradoxe du Bloc Québécois, le futur du Parti Québécois et la nature de son conservatisme. N'hésitez pas à commenter si vous avez des questions ou des réactions.

 

Au moment où ces lignes sont publiées, j'aurai interviewé, par téléphone, Françoise David, présidente de Québec Solidaire, concernant son essai "De colère et d'espoir". J'essaie de retransmettre cette entrevue téléphonique sur le blog!

 

21Jan/120

12 hommes 12 livres: Youssef Shoufan et L’Art presque perdu de ne rien faire

Posted by Joseph Elfassi

J'ai demandé à 12 hommes de me recommander des livres importants pour eux. Mon but final est de réévaluer mon rapport avec eux et avec les hommes en général. Un soir de janvier, je rencontre Youssef, ami, photographe, penseur, voyageur, pour parler du dernier livre de Dany Laferrière, que l'auteur qualifie d'autobiographie de ses pensées. On parle.

On revient souvent vers la dualité de l'être. Les images saisissantes sont récurrentes dans le livre : un livre est une carte de trésor, dont l'auteur possède la moitié de la carte, et le lecteur, la deuxième partie. Le temps est une rivière, que nous sommes. Ce tigre de Borges, qui le déchire alors qu'il est lui-même ce tigre. Et cette image qui frappe Youssef, de l'interdépendance du voyageur et du sédentaire. Entre celui qui prend le train et celui qui attend à la gare pour entendre son histoire. Comme quoi les deux ont sauvagement besoin de l'autre pour exister.

Mais qui es-tu, Youssef, entre les deux ? « Moi je suis le voyageur. » C'est une réponse légitime. Youssef a quand même foulé le sol de plusieurs pays dans différents continents. Petite pause. « Mais je suis aussi le gars qui attend au quai un peu. » Comme quoi, on raconte des histoires et on se fait raconter des histoires.

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Dany Laferrière parle de cet homme qui a décidé d'être incognito pour éviter d'être repéré par le dictateur. Si longtemps qu'il est resté incognito longtemps après que le dictateur soit parti. Cela me fait penser à ce qu'il dit des chefs-d'oeuvre, qu'ils sont dangereux parce qu'il leur arrive parfois de dépasser leurs buts. Comme cet incognito trop longtemps caché qu'il n'identifiait plus ce qu'il évitait. Il a dépassé son but. Est-ce que Youssef les dépasse, ses buts ? En a-t-il ?

« Mon père me pose cette question, mais je ne sais pas vraiment quoi répondre ». S'il n'a pas de but précis, Youssef est quand même un hyperactif : photographe, édimestre, vidéaste, intervenant...mais n’a-t-il pas de buts précis ? « En fait, je n'ai jamais de but qui va plus loin qu'un an. » Il pense. Lentement, il arrive vers sa réflexion. « Mon seul but, à long terme, serait l'immortalité, dans le fond. »

Non pas l'immortalité physique de quelqu'un qui ne meurt jamais, mais de quelqu'un qui continue d'exister aux yeux des autres, à travers ses romans, ses pensées, quelqu'un qui a sa place dans ces cimetières de Laferrière, les bibliothèques. Youssef souhaite donc écrire éventuellement une œuvre qui pourrait rester dans l'imaginaire des gens. « Si ma vie s'arrêtait là, est-ce qu'il y aurait une seule phrase que j'ai dite que quelqu'un lirait dans cent ans et trouverait qu’elle est bien formulée ? ». Youssef me rappelle que nous sommes tous les deux un peu obsédés par cette notoriété artistique, qui, une fois la mort arrivée, ne vaut plus rien réellement. Il faut un certain niveau d'acceptation.

Quand Laferrière parle d'un auteur qui renaît à chaque lecture, conclut Youssef, il doit un peu penser à lui-même, non ? Et s'il parle de lui-même comme étant découvert dans le futur, dans son propre livre, c'est qu'il a un peu accepté l'idée de se propre mort ?

Mais qu'est-ce que la mort, je me demande, pour un homme qui considère qu'il est la rivière du temps dont la source remonte à l'enfance ? Pour cet homme qui lit des poèmes avant de se coucher, et qui croit que l'on construit l'univers en dormant ?

Dany Laferrière nous démontre, dans L'art presque perdu de ne rien faire, sa façon originale et presque spirituelle d'aborder ces questions éternelles du temps, de la mort, du sommeil et de l'art. Dany Laferrière n'est pas avec nous lorsqu'on discute de lui à La Petite Cuillère, mais ces pauses entre les phrases d'Hemingway, dont il parle, qui sont chargées du « poids des rêves de ces lectures », composent la conversation entre Youssef et moi. Tour à tour nous lisons ses phrases, et permettons à ces silences, ce poids de rêve, d'exister entre nous. Si l'auteur n'est pas là, physiquement, avec nous, deux copies de son livre reposent sur la table du café tandis qu'on fait vivre, ou renaître, ses pensées.

13Dec/110

Le livre refuge de Gary Victor

À l'instar de Laurance Ouellet-Tremblay, Gary Victor s'est prêté au jeu de la minute Baise-Livres. Il nous présente ici son livre refuge, celui vers lequel il peut toujours se tourner quand il lui semble que tout, autour de lui, s'évanouit ou se nimbe de brume...

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25Nov/110

Gary Victor, extrêmes et ambiguïtés

Depuis le jour où mes yeux ont sillonné les dernières lignes de Saison de porcs, Gary Victor figure parmi mes auteurs pref', aux côtés de Chrétien de Troyes et de l'énergumène dont l'esprit tordu a produit Le Haut Livre du Graal. Moment jubilatoire s'il en est, j'ai eu l'occasion d'interviewer l'auteur le plus lu d'Haïti lors de son bref passage à Montréal. Voici le résultat !

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Qui plus est, si vous souhaitez découvrir d'autres auteurs des éditions Mémoire d'encrier, je vous invite à regarder ce vidéo tourné lors d'une soirée de lectures publiques, de rencontres et de dédicaces organisée à la librairie Le Port de Tête quelques jours avant le Salon du Livre de Montréal.

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30Oct/110

Comment ne suis-je pas venue à bout de l’énigme…?

Lorsqu'on parle de littérature, il est de bon ton d'affirmer aimer certains auteurs, et d'en dédaigner d'autres, dont la plume n'a pas su vous émouvoir ou vous édifier.

Parmi ces auteurs dont je n'ai jamais, au grand jamais, entendu dire de mal figure Dany Laferrière. Or, je vous avoue aujourd'hui que L'Énigme du retour m'a laissée de glace. J'ai refermé ce livre sans grand regret, environ à la moitié. J'avais gardé en moi ce secret honteux trop longtemps. Je vous le livre aujourd'hui.

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26Oct/110

Baise-Livres en vedette sur Tagtélé

Posted by Joseph Elfassi

Petite note pour vous partager notre enthousiasme: les capsules vidéos de Baise-Livres seront désormais présentées en vedettes sur le site web de Tagtélé.

Notre compte youtube sera toujours mis à jour, mais à partir de maintenant, chaque semaine, une de nos vidéos sera présente en vedette sur le site web de ce portail vidéo Québécois.

On apprécie le geste!

28Aug/110

Entrevue avec Nicolas Langelier

Posted by Joseph Elfassi

J'ai eu le plaisir d'interviewer le journaliste/ chroniqueur / auteur / créateur compulsif de projet, Nicolas Langelier, concernant son livre Réussir son hypermodernité et sauver le reste de sa vie en 25 étapes faciles. À lire.

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