Un bel homme m’a révélé des choses terribles
Le 31 décembre, j’achète 34 livres grâce à une généreuse carte-cadeau du temps des fêtes. Je relate, dans ce blog, ma quête pour lire les 34 livres aussi rapidement que possible. Dans quel but? Qui sait? Cette semaine, l’Histoire de l’Univers (rien de moins).
Le serveur au St-Ciboire est irrésistiblement beau. C’est ce même serveur, qui travaille les lundis soirs tandis que je fais de l’impro avec LALIG, qui m’a conseillé A Short History of Nearly Everything, de Bill Bryson. Si l’homme avait été moins charmant, moins beau, moins sympathique, je n’aurais peut-être pas ajouté cette brique à mon délire consumériste qui a eu lieu il y a maintenant trois mois.
Pendant 470 pages, l’auteur nous raconte les découvertes scientifiques qui ont façonné notre compréhension du monde. Le tout est marqué par le style relativement redondant des vulgarisateurs scientifiques : il se lance parfois dans une poésie cosmique, parsème ses écrits d’humour ici et là, et s’émerveille de la capacité des humains de faire le bien et le mal simultanément.
Trois choses m’ont épaté. Tout d’abord, nous en savons si peu. La plupart des images, des dessins ou des œuvres qui traitent de systèmes solaires, de dinosaures, d’ADN ou même de la planète Terre ne sont souvent que des suppositions mi arbitraires mi logiques qui deviennent, dans l’esprit du public, la réalité scientifique. En fait, nous imaginons plus que nous ne savons.
Une des raisons pour lesquelles le savoir est si fragmentaire, en plus de la rareté des spécimens nécessaires pour établir des liens scientifiques solides, c’est que l’être humain a tendance à détruire, cacher ou voler des informations, des conclusions ou des échantillons qui pourraient faire avancer la science. On peut parler de rivalité entre académiciens et scientifiques, ou d’ignorance populaire, comme le montre l’exemple d’un village chinois qui avait l’habitude de détruire des fragments d’os retrouvés chez eux. Ceux-ci faisaient partie d’une rare espèce d’ancêtres d’humains qui auraient pu nous permettre de mieux comprendre l’évolution. Hélas, ces spécimens se sont presque tous transformés en variantes de bicarbonate de soude.
Lorsque nous ne détruisons pas les morts, nous avons souvent tendance à éradiquer des espèces vivantes peu répertoriées. Bref, on ne s’aide pas vraiment.
Mais l’humain n’est pas la seule cause de son ignorance. Durant la longue histoire de la Terre, des vagues successives d’âges de glace, de météorites hyperpuissantes, de volcans violents et d’autres phénomènes naturels ont détruit ou enfoui quantité d’espèces (animales, végétales ou autres) qui pourraient nous être utiles dans la compréhension de notre environnement.
En fait, les informations concernant les catastrophes naturelles m’ont carrément terrifié, déjà que je suis suffisamment paranoïaque et imaginatif: si jamais nous avons la chance d’apercevoir un météorite en direction de la planète, nous aurions ou bien une semaine avant son arrivée, temps insuffisant pour une réaction humaine, ou bien deux minutes durant lesquelles tout ce qui se trouve directement en dessous du météorite brûlerait avant même l’impact destructeur. Idem pour les volcans, souvent imprévisibles et dévastateurs à court, moyen et long terme sur un très large périmètre.
Bref, le livre, bien qu’instructif, peut être un tantinet déprimant par rapport au peu de choses que nous savons, et au si grand mal que nous nous infligeons, en général. J’ai possiblement mal choisi le moment de lire un livre qui (encore une fois) rappellerait mon insignifiance sur cette planète : je viens d’essuyer un échec lamentable en improvisation (en anglais) et une ancienne flamme m’a refusé un seul petit baiser pour me remonter le moral. Bref, il est temps de passer à une lecture qui me rappelle un autre amour impossible récemment vécu : je m’attaque à Houellebecq!
Bryson, Bill, A Short History of the Universe, Anchor Canada, 2005, 478 pages.




