Et au pire, on le relira
J’ai envie d’être un peu quétaine aujourd’hui et d’utiliser un vocabulaire Renaud-Bray en affirmant que j’ai eu un coup de cœur (oui, oui, comme les vilaines étiquettes qu’on appose sur les livres, comme si on ne pouvait pas nous-mêmes se laisser diriger par le nôtre au moment de choisir quel bouquin mérite qu’on s’y attarde) pour Et au pire, on se mariera, de Sophie Bienvenu. À l'intérieur de celui-ci monologue Aïcha, petite blonde aussi carencée que brillante qui est tombée amoureuse de quelqu’un qu'il ne fallait pas. J’ai eu un coup de cœur, ça arrive rarement alors aussi bien le dire, et Foglia, notre père à tous, également :
« C'est une adolescente qui parle. Je sais. Moi aussi, j'ayiiiis ça d'habitude. Je trouve ça pute comme procédé. Mais là je sais pas, le style sans doute, cet amour brûlant d'une gamine aussi... quand j'ai eu fini le livre à deux heures du mat, je suis monté dans mon bureau chercher une citation de Flaubert (en ouverture D'un coeur simple), et qui va comme ceci: Ce que j'aimerais faire, ce qui me semble beau, c'est de faire un livre sur rien, un livre qui se tiendrait par son style, »
C'est ce qu'a fait cette jeune femme, Sophie Bienvenu: un livre qui se tient par son style.»
C’est aussi ce que j’ai trouvé dans ce livre. Un style, on aurait pu dire une voix également. Une voix à la fois tragique et drôle, humaine et infiniment agressive, une voix qui porte, assurément.
Rencontre avec l’auteure.
Sophie Bienvenu, Et au pire, on se mariera, La mèche, 2011, 152 pages.




