Baise-Livres
14Nov/112

Le livre dangereux de Joseph

J'ai adoré Into the Wild, le livre de Jon Krakauer, parce qu'il stimule inévitablement le débat : en gros, la mort signifie-t-elle l'échec d'une quête ? Selon moi, ce que le livre propose de dangereux, c'est d' affirmer que nous sommes tous capables d'être libres. Pas nécessairement libre comme Alexander Supertramp dans le récit, ce jeune homme qui quitte tout pour une expédition en Alaska sans aucune forme de préparation. Je veux dire : libre de regarder autour de soi et de se dire qu'à tout moment, on peut changer de vie.

YouTube Preview Image

Posted by Joseph Elfassi

Comments (2) Trackbacks (0)
  1. Merci Joseph de m’avoir donné envie de lire “Into the Wild”. J’avais vu le film il y a une année, un dimanche soir d’hiver, et j’étais allée me coucher plutôt déprimée. Le livre, au contraire, m’a procuré une sensation d’ivresse. Le voyage d’Alexandre Supertramp comme l’univers de tous les possibles. Cela faisait longtemps que « l’appel du sac à dos » n’avait pas résonné aussi fort chez moi.

    Cependant, dès le début de la lecture, une ombre s’est ajoutée au tableau : je me suis sentie entraînée par l’énergie incroyable de ce jeune homme de vingt-quatre ans, mais je me suis interrogée sur ses motivations. Alexandre Supertramp a-t-il vraiment choisi ce voyage en Alaska? Ou est-il en fuite du contexte familial pesant ? Il m’a semblé que son départ est en partie motivé par l’envie de faire du mal à ses parents : « je vais les éjecter complètement de ma vie », « j’en aurais fini avec eux, une fois pour toute ».

    Et Alexandre Supertramp a voulu quitter l’Alaska et le bus : il a voulu retourner vers la civilisation, mais en a été empêché par la nature. J’ai eu le sentiment qu’il était piégé par sa propre liberté et que la nature est devenue à ce moment une cage pour lui. On peut choisir sa liberté, mais elle peut aussi nous emprisonner.

    Néanmoins, ce qui est fort (mais peut-être pas fort dangereux) c’est que l’histoire d’Alexandre Supertramp peut nous réveiller, comme il a su secouer son ami Ronald Franz à l’âge de 81 ans. On peut se dire un beau jour que la vie qu’on mène n’est plus celle que l’on souhaite vivre et qu’il est temps d’en changer. Ce n’est même pas être courageux que de passer à l’acte et de suivre son envie, son inspiration. C’est juste être respectueux de soi-même.

    • Exactement, Delphine. Que la liberté d’Alexandre lui ait été fatale est, selon moi, secondaire au message du récit, et ça fait partie du danger; quand la mort n’est pas synonyme d’échec, que peut-on entreprendre? Plutôt, qu’est-ce qui est hors de notre portée? Les deux semaines de mal-être et la mort de notre héros enlèvent-ils le mérite, l’intensité et la véracité de la liberté qu’il a vécu, dès le premier pas de son voyage?


Leave a comment

No trackbacks yet.